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Un billet au hasard!

Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur ce blog ont été prises par moi-même, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation

Le prix de l’indépendance

Professionnellement, je suis indépendante. Indépendante = l’exact contraire de la salariée. Je suis de celles qui n’ont pas de patron mais pour qui RSI ou encore URSSAF ne sont pas des sigles comme les autres. Je suis de celles qui n’ont pas de fiche de paie et qui n’ont jamais tous les mois la même somme d’argent pour faire du shopping pour vivre.

source

Sur le papier, je suis esthéticienne. Mais souvent, je m’amuse à dresser la liste de toutes les casquettes que cette formidable aventure de l’entrepreneuriat me fait endosser au quotidien.

Tour à tour, il m’arrive d’être directrice de la communication, comptable, community manager, préparatrice de commandes, femme de ménage, secrétaire et entre tout cela, le reste du temps, je suis esthéticienne.

La paperasse ne me fait pas peur, j’avoue même que je l’aime bien. Noter consciencieusement tous les soirs, dans mon registre des ventes, les soins, les clientes de la journée.

Suivre l’évolution du chiffre d’affaire, jour après jour, semaine après semaine. L’évolution au fil des mois. Faire des graphiques et voir la courbe monter. Essayer de ne pas se décourager quand le chiffre stagne et au contraire, être volontaire, se fixer des objectifs, et sourire, fort, lorsque l’objectif est largement, largement dépassé. Alors dire « chiche! » et fixer un nouvel objectif, encore plus haut, à quelques jours de la fin du mois.

J’ai vraiment cela en moi. Cet esprit de commerçante, d’entrepreneuse.

Et lorsque je parle du prix de l’indépendance dans le titre de ce billet, cela n’a pas de connotation négative, non non. Je ne souhaite pas aborder les inconvénients de ma situation (même si je voulais le faire, je crois que j’en trouverais peu). Je souhaite plutôt aborder le travail de tous les instants que demande mon statut d’indépendante.

Ma petite entreprise, c’est mon bébé. Elle occupe 95% de mon existence. Le soir, lorsque ma journée est terminée, l’entreprise, elle, est toujours là, dans un coin de ma tête, dans un coin de mon bureau. Dans la salle de bains le matin lorsque je me prépare, quand je mitonne un bon petit plat, la nuit parfois lorsque je me réveille, j’ai toujours une petite pensée pour elle, pour une cliente que je n’ai pas vu depuis un moment, pour l’offre promotionnelle du mois prochain, ou encore pour les dates de mes congés d’été.

Les congés. Venons-en aux congés.

Je peux en prendre quand je le souhaite. Quel pied hein ! Oui, sauf que.

Oui, sauf que lorsque je ferme boutique, standard et agenda de prise de rendez-vous, le petit écureuil ne reçoit plus ses noisettes hebdomadaires. Et toute considération financière mise à part, depuis quelques semaines, j’apprends à justement mettre une barrière entre l’entreprise et ma vie privée. Si je m’écoutais, je ne fermerai pas de l’été car cela me rend malade de refuser un enterrement de vie de jeune fille ou encore de maquiller une future mariée, à une date où j’avais prévu de partir en vacances.

Alors au début, j’ai tenté d’être conciliante. J’ai revu tous mes projets, pour essayer de satisfaire au mieux les personnes qui sollicitaient mes services pour ces fameux jours d’août durant lesquels, depuis des semaines, il était prévu que je sois loin, loin, d’ici. Des jours de réflexion plus tard, j’ai finalement maintenu mes dates de congés initiales. Des congés qui sont certes un petit peu longs, mais je crois que lorsque je les ai posé, au tout, tout début de l’année, je ne m’imaginais pas  la tournure que les choses allaient prendre.

Alors voilà, je crois que c’est cela le prix de l’indépendance. Réussir à faire la part des choses. Ne pas les prendre trop à cœur et se ménager tout de même du temps pour soi. Ne pas se rendre malade lorsque l’on doit annoncer à une cliente, qu’à la date où elle souhaiterait prendre rendez-vous, on sera en congés. Ne pas commencer à calculer le « manque à gagner ».

Réussir à se convaincre qu’à notre retour, les clientes seront toujours là.

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5 Responses to “Le prix de l’indépendance”

  1. Miss Blemish dit :

    Ton article est génial ! Cette petite lucarne qu’il ouvre sur l’auto-entrepreunariat…
    A ton retour les clientes seront toujours là, on n’en veut pas à quelqu’un qui prend des vacances en été, c’est normal :)
    Bises

  2. Xel0u le l0up dit :

    Et puis tu as bien le droit, non mais !

  3. Melodie dit :

    Ma maman fait la même chose et c’est beaucoup de boulot! Bon courage pour la suite et passe de trés bonnes vacances :)

  4. sofy from sxb dit :

    j’aime beaucoup ce billet au travers duquel on comprend bien ton plaisir de travailler et les interrogations qui accompagnent ton statut. pour te connaître un peu je suis sûre que tu feras les bons choix pour que tu puisses être en accord avec toi-même tout en satisfaisant ta clientèle. pour ce qui est des congés, ils sont indispensables, vitaux même, et je pense que chacune de tes clientes pourra comprendre ton besoin de prendre le large cet été puisque ça sera pour revenir pleine d’énergie et d’idées pétillantes.

  5. sylvie;-) dit :

    tu as raison de te donner ce challenge maintenant car après quand des habitudes s’installent c’est compliquer de se lancer dans l’inconnu!
    et oui il faut éviter le piège de ne pas savoir parfois fermer la porte; le risque: perdre sa vie à la gagner 😉
    mais tu me donnes sur ton blog l’impression d’une personne équilibrée entre le boulot et la vie…

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