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L’étudiant étranger, Philippe Labro

« Je ne me contente pas de raconter, mais je m’exprime tout simplement »

Philippe Labro

J’aime Philippe Labro. Voilà, c’est dit.

L’étudiant étranger est le quatrième roman de Philippe Labro que je lis (avant j’ai lu Manuella, Des cornichons au chocolat et Tomber sept fois, se relever huit) et à chaque fois je suis subjuguée par la finesse et la sensibilité de ses écrits. C’est une écriture que je qualifie souvent de « féminine » dans le sens où il réussit à exprimer des sentiments si délicats; dans Manuella et Des cornichons au chocolat il a réussit avec brio et sans fausse note a se mettre dans la peau d’une adolescente. Tomber sept fois, se relever huit narre son année de dépression.

Quant à l’étudiant étranger, c’est un roman qui se déroule sur un campus en Virginie, dans l’Amérique des années 60. Et j’aime l’ambiance qui se dégage des campus américains. Que ça soit dans les films ou dans les rares romans que j’ai lu et qui avaient pour décor un campus américain, j’ai toujours retrouvé cette même ambiance à la fois studieuse, festive et fraternelle. L’étudiant étranger sonne tellement juste que je me demande presque si il n’est pas légèrement autobiographique.

C’est l’histoire d’un jeune homme de tout juste 18 ans, un Français, qui obtient une bourse d’étude pour étudier durant une année dans un College de Virginie; c’est l’Etudiant étranger. C’est le roman  des premières fois, le roman de l’apprentissage, de la découverte de l’amour, le sentiment puis l’amour physique. Et c’est beau! C’est fin, délicat. C’est un jeune homme qui croque, dévore la vie. Avide de découvertes, il transgresse les règles implicites de sa ville en vivant une histoire passionnée avec une jeune femme noire; avec elle, il découvrira ce puissant sentiment qui lui fera perdre la tête : l’Amour. Puis viendront d’autres rencontres, différentes, mais tout aussi intenses et complexes.

L’Etudiant étranger dresse le portrait d’un jeune étudiant qui sait ce qu’il veut malgré son jeune âge, il n’a pas peur et je crois que c’est la naïveté et l’innocence de son âge qui lui permettent de vivre ces aventures.

C’est assez niais de dire cela, mais c’est un beau roman, qui fait voyager, dans les deux sens du terme. Au sens propre, cette histoire fait voyager dans l’Amérique des années 60. Au sens figuré, ce récit nous fait voyager dans notre vie, notre passé, nous ramène à la période de nos premières fois.

Je ne résiste pas à l’envie de recopier quelques passages que j’ai particulièrement appréciés.

« La première fois … Les gens qui font profession de parler de la jeunesse oublient souvent à quel point tout est important à cet âge de la vie. Tout! Par ignorance de leur propre passé, manque de mémoire ou fossilisation des sens, ils laissent apparaître le récit des évènements comme un déroulement facile, insignifiant, léger. Rien n’est insignifiant ou léger à l’âge de seize à vingt ans. Il faut tout faire, tout essayer pour que ne s’évanouisse pas la réalité violente de sa jeunesse, lorsque tout était « la première fois » « .

« Et à partir de l’instant où l’on tente de définir les arts populaires et simples, et à partir de l’instant où les juges, les critiques, les savants s’approprient tout cela et le mangent et le digèrent et se le resservent, ce n’est plus pareil, c’est foutu. C’est comme l’egg-nog de l’Arkansas à la veille de Noël, ça vous donne envie de vomir ».

« Mon appétit d’Amérique n’était pas satisfait, ma curiosité croissait avec le temps. Je n’étais pas encore assez reçu de ce pays, de ses villes, ses Etats, ses routes, ses surprises, ses paysages et ses rencontres. Je commençais seulement à en saisir l’ampleur, la férocité et la poésie, il m’importait d’en savoir plus. [...] Je ne voulais rien rater. Je pressentais que m’attendaient mille découvertes sur ce territoire à peine entamé. [...] Je ne voulais plus rentrer à la maison. J’avais mes plans ».



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7 Responses to “L’étudiant étranger, Philippe Labro”

  1. la souris dit :

    l’ambiance du livre à l’air plutot bien!

  2. J’ai découvert l’univers de Philippe Labro cette année au hasard des rayonnages de la bibliothèque où j’aime me perdre dès que j’en ai le temps. Après avoir dévoré Manuella, j’avais envie de découvrir tous ses autres livres, dans l’ordre ou le désordre, et puis, je n’en ai rien fait… d’autres livres, d’autres préoccupations…

    Merci de m’avoir replongé dans cet univers… il ne se passera pas longtemps je pense avant que « l’étudiant étranger » et les autres ne viennent s’échouer sur ma table de nuit ^^

  3. Xelou dit :

    Tu sais que tu pourrais être une bonne libraire ?
    J’ai trop envie de lire cet auteur maintenant… Allez je note son nom dans mon petit carnet.

    • Mademoiselle Coquelicot dit :

      Oh merci pour ce compliment ! J’avoue qu’il y a quelques années, mon « rêve » était de posséder une belle et grande librairie toute cosy ! ^^

  4. Angela Donava dit :

    J’aime ce blog!!!:)
    Angela Donava
    http://www.lookbooks.fr

  5. Génial, j’ai du temps en ce moment, je vais le lire.
    Xo

  6. Charlotte dit :

    Je ne connais pas du tout cet auteur, à tenter !

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