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La première épouse

Un livre acheté même pas 3 euros, chez un bouquiniste en attendant mon rendez-vous chez l’esthéticienne. Un livre neuf, écrit petit et serré. L’histoire d’un divorce difficile, à la quatrième de couverture très bien écrite. Il est à moi.

C’est un livre bouleversant, sur la séparation, le divorce. La manque de l’être aimé. La trahison, la haute-trahison même. 25 ans durant. L’apprentissage de la vie seule. La renaissance. Et j’insiste beaucoup là dessus, c’est un livre bien écrit. Ca m’a réellement frappé. Des mots justes, bien choisis, des sentiments décrits à la perfection, des comparaisons parfois étonnantes, parfois marrantes. Je me suis surprise à relire plusieurs fois certaines phrases ou encore à m’arrêter quelques instants pour bien prendre conscience de ce que raconte l’auteur.

L’histoire ne dit pas si c’est une histoire vraie. Mais l’intensité des mots me fait croire que Françoise Chandernagor a vécu ce qu’elle raconte.

Ce livre pose des questions sur le couple, et c’est difficile de ne pas se poser des questions sur nous-mêmes en le lisant. « Est-ce qu’une chose comme ça pourrait m’arriver un jour? », « Comment je réagirais »?, « Survivrais-je à de tels affronts »?

Un livre bouleversant. Je vous laisse avec quelques morceaux choisis.

« Comme on pose, aux beaux jours, des pièges à guêpes pour dîner en paix, j’ai mis partout dans la maison des répondeurs pour pleurer sans être dérangée. »

« Les plages sont de grands cimetières au soleil, où les corps de ceux qui s’aiment reposent côte à côte. Mais mon mari n’étendit pas son corps auprès du mien : il passait ses vacances ailleurs; passeraient-il sa mort ailleurs? »

« Je nais. Chaque matin je nais avec le bol brûlant que je prends entre mes mains, avec la biscotte qui craque dans ma bouche, la pomme rouge que je croque à pleines dents. A chaque seconde de chaque journée, je nais à la douceur, à la beauté : le baiser du vent sur mes lèvres mouillées, une écharpe de soie qui caresse mon cou, de petits nuages roses que la pointe des sapins effiloche comme de la laine cardée; la lune gelée glissant sur l’étang dans un halo d’argent; un pull-over de mohair contre lequel je frotte ma joue; et ces scones chauds, nappés de beurre fondu et de marmelade amère, que je savourerai avec une tasse d’Earl Grey à l’heure où tomberont la pluie, le froid, la nuit… Trop mièvre, ce bonheur-là, sirupeux, « féminin »? Est-ce ma faute si nos peines d’amour; à nous, s’achèvent toujours en motif de i broderie, en recette de cuisine? Si nous noyons nos chagrins dans la bouilloire, si nous étouffons nos tristesses sous des montagnes de coussins? Si nous nous débauchons dans les pâtisseries, si nos bordels sont des salons de thé? »

Crédits photos, de haut en bas & de gauche à droite :
http://daydreams-tea.tumblr.com … http://nothingsir.tumblr.com … http://emilyannewilson.tumblr.com … http://ffffound.com … http://motleyphotos.blogspot.com … The style flies, sur flickr … http://francivusk.tumblr.com … http://once-whimsical.tumblr.com … http://lapetitezanzara.tumblr.com

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2 Responses to “La première épouse”

  1. ticiia dit :

    J’ai lu ce livre il y a un an ou deux. J’ai adoré la plume de Françoise Chandernagor. Ce récit interpelle car il traduit ce que vivent des milliers de femmes (ou d’hommes) chaque année. Pas facile de réapprendre à vivre après 30 ans de vie commune…

  2. Carolina dit :

    Un véritable déchirement que la séparation. Très beau témoignage littéraire.

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