Nourrir le corps et l'esprit


"Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens." Novecento : pianiste - Alessandro Baricco

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"Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie

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Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur ce blog ont été prises par moi-même, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation

Le pas de course

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Et alors que le soleil se lève et dépose son voile lumineux sur l’herbe, les arbres en fleurs, les statues du parc de l’Orangerie, une rumeur joyeuse et enjouée se fait entendre. En sandwich entre le parc et le Conseil de l’Europe, l’allée de la Robertsau était ce matin là le théâtre des courses. Le point de départ, coup de pistolet en l’air. Feu, go!

Dossard bleu pour dix kilomètres, rouge pour le semi-marathon, et autres couleurs de l’arc-en-ciel pour le cinq ou encore la marche nordique.

Pas de départ pour moi cette année et premier pincement au cœur en ouvrant mes volets, ce matin là, en ouvrant la porte fenêtre, mug de thé dans la main, gilet douillet d’hiver sur les épaules, en voyant la rue coupée à toute circulation autre que piétonne. Les stands de ravitaillement déjà pleins de gobelets d’eau débordants, de cagettes de pain d’épices et d’oranges. Je ne foulerai ce bitume qu’en marchant ce jour là.

Et alors que nous étions au tout début de la route de la Wantzenau, et que je me réjouissais d’habiter bientôt là et de voir des coquelicots fleurir au bord de la route, au bord de l’Ill, j’ai aperçu le peloton de coureurs, qui marchant d’un bon pas, qui déjà trottinant pour s’échauffer; direction la ligne de départ. Pas de départ pour moi cette année, mon manteau léger d’hiver encore sur le dos, foulard jaune autour du cou car, quand même, nous sommes le quinze mai.

En sandwich entre le parc de l’Orangerie et le conseil de l’Europe, sur l’allée de la Robertsau, à quelques mètres de la ligne de départ mais de l’autre côté des barrières, je lui ai dit au creux de l’oreille tous mes encouragements et aussi, de courir pour moi cette année. Alors avant de rejoindre la ligne d’arrivée une grande heure plus tard pour le voir fouler les derniers mètres avant le tapis rouge, j’ai passé un dimanche matin à l’Orangerie, avec mon livre et mon appareil photo.

Je me suis émerveillée de la lumière dorée et douce qui contrastait avec la clameur, juste là, juste derrière, les hauts-parleurs et la musique entraînante. J’ai boudé le soleil qui se cachait derrière les nuages et ai soupiré d’aise quand ces derniers se dissipaient. J’ai lu dans le silence d’un parc où les-coureurs-du-dix venaient s’échauffer avant le départ et où d’autres aficionados de photos, comme moi, profitaient du parc avant la cohue de l’après-midi; photos de mariage et tours de toboggan.

Entre deux pressions sur le déclencheur de mon appareil photo et trois paragraphes du très bon roman de Fannie Flagg, « La dernière réunion des filles de la station service », est revenue en moi et surtout dans mes jambes l’envie de la course à pied, des dossards, des applications running qui ne fonctionnent jamais et des écouteurs qui vous lâchent cinq cent mètres après le départ.

Ou encore le plaisir de parcourir sa ville, runnings aux pieds, ou encore celui d’accrocher son dossard, un dimanche matin de mai, d’octobre ou de juin, très tôt, à l’heure où on entamerait encore bien un cycle de sommeil. Parce que cette ambiance qu’il y avait dimanche matin, tout au bout de la route de la Wantzenau, là où poussent de jolis iris bleu clair et violet très foncés, j’avais envie de la vivre en manches courtes et Asics déjà démodées.

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4 Responses to “Le pas de course”

  1. nini dit :

    très jolies photos le parc de l’Orangerie est magnifique

  2. sofy from sxb dit :

    je me demandais dimanche matin si tu participais ou pas aux courses de Strasbourg cette année. en tout cas nous on n’y perds pas au change, tes photos sont magnifiques.

    • Mademoiselle Coquelicot dit :

      Merci Sophie! C’est vrai que j’ai passé un bon moment. Il est très rare que je me retrouve seule, dans un parc, juste avec deux de mes activités favorites : la lecture et la photographie. C’était un moment calme, heureux et doux. Un peu tout l’inverse de la course ^^ Bonne journée Sophie, bises!

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