Nourrir le corps et l'esprit


"Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens." Novecento : pianiste - Alessandro Baricco

Lecture du moment

"Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie

Archives depuis 2010

Un billet au hasard!

Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur ce blog ont été prises par moi-même, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation

La magie de Sainte-Odile

« L’homme voyage souvent très loin du lieu où il vit alors qu’il ignore les lieux magiques et vibratoires de sa région et de son pays. »

Adolphe Landspurg

mont_sainte_odile

crédit de la photo en Une

Le Mont Sainte-Odile est peut-être maintenant le lieu que je préfère en Alsace. J’y vais en fin de journée, avec parfois un pique-nique, toujours, un livre et surtout, surtout, mes yeux bien et grands ouverts pour profiter du coucher de soleil. Là-bas, sur la gauche, derrière les montagnes, lorsqu’on est sur la terrasse.

Le Mont Sainte-Odile, c’est beau, oui mais surtout, ce lieu m’apaise. Là, c’est relativement calme, il y a des fleurs, une vue à couper le souffle, les espaces sont larges et épurés. C’est un haut lieu de pèlerinage, de recueillement et aussi, de randonnées, qui jouit d’une force tellurique supérieure à la normale.

Alors hier, pour terminer une journée composée de l’essentiel pour moi en ce moment, à savoir, se reposer, manger, lire, méditer, aimer, rire un peu, nous avons pris la belle route qui rejoins le Mont pour y passer la soirée.

Du monde, il y avait beaucoup trop de monde dans l’enceinte, encore, en fin d’après-midi; alors j’ai chaussé mes baskets qui n’ont rien de chaussures de randonnée – une fois n’est pas coutume – et nous avons marché jusqu’à la grotte des Druides. Et là, en plein cœur de la forêt, c’était doux. Je lui ai expliqué comment la méditation nous invite à écouter les sons autour de nous, et plein d’autres choses encore. A la dérobée, j’ai lancé l’idée de deux jours de randonnée, ici, pour le weekend du quinze août et à peine étions-nous rentrés de notre ballade que nous réservions notre chambre, quelle surprise qu’il en reste encore de disponibles pour ce weekend si prisé des touristes. Et nous avons dîné dans la grande salle, tout au bout, spacieuse, lumineuse, épurée, si chaleureuse, d’un buffet gourmand et simple, pour une bouchée de pain. J’ai ri avec la dame à côté de moi qui se resservait du dessert pour la seconde fois, mais en même temps, qui aurait pu résister à ces sublimes pâtisseries? Pas Olivier, cela est sûr. Et après, toujours le même spectacle, magique, de voir le ciel rougeoyer juste derrière la montagne, de voir l’astre solaire devenir de plus en plus intense, mais dans le même temps, de plus en plus petit, puis endormi. C’est toujours à ce moment-là que je commence à avoir froid, que j’abandonne la lecture de mon livre pour me lever, marcher un peu ou me blottir dans ses bras.

Cette fois, personne n’est venu nous voir pour nous raccompagner gentiment vers la porte de sortie – « la terrasse va fermer messieurs dames » – alors nous avons continué à flâner, nous arrêtant, là, sur l’autre versant pour admirer la vue ou là, un peu plus loin, pour poursuivre calmement telle ou telle conversation, sur la méditation, le bouddhisme ou les deux peut-être, je ne sais plus. Dans la nuit qui tombait, j’ai bravé l’interdiction de fouler la pelouse pour humer le cœur des pétales d’une rose blanche et on s’est dit que, dans quinze jours, même si on avait une chambre dont les fenêtres donnent sur l’intérieur de l’enceinte, on serait quand même contents.

Comme visiblement ce soir la sentinelle n’était pas de service, nous sommes repartis pour un tour, dans la mini enceinte où le silence est de rigueur et le parterre de fleurs, sublime. Ruhe bitte. Le tombeau de Sainte-Odile, les reliques de Jean-Paul II, le lieu de recueillement et de prière avec toutes ces bougies allumées, et moi qui lui demande encore ce que cela signifie. Le calme, la senteur si particulière que l’on aime ou que l’on déteste, et la chaleur des bougies, si réconfortante et apaisante. La chapelle, fermée pour cause de célébration, privée je suppose à cette heure là. Et comme là-bas, le temps s’étire comme du chewing gum – et surtout puisque nous étions garés un peu loin- nous avons encore marché, entre chien et loup, sur la route désormais déserte et non éclairée.

Et comme à notre habitude, sur la route qui descend, descend vers Kligenthal, Ottrott, Roedel, Obernai, nous avons croisé un petit Bambi, si mignon, si petit.

Je ne saurai trop expliquer la magie qui opère au Mont Sainte-Odile, la nature qui ressource, incontestablement, mêlée à cette charge tellurique particulière s’ajoutant au côté spirituel – religieux pour certains – du lieu.

Reader Feedback

One Response to “La magie de Sainte-Odile”

  1. sofy from sxb dit :

    ah c’est cool, tu as profité du genre de week end que tu voulais !

Laisser un petit mot