Nourrir le corps et l'esprit


"Et il savait lire. Pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens." Novecento : pianiste - Alessandro Baricco

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"Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie

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Un billet au hasard!

Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur ce blog ont été prises par moi-même, merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation

Trente

« Tiens, et si on faisait ça à la ferme? » a proposé D.

« Oh ben oui alors, excellente idée! »

S’est alors ouverte une conversation privée sur les Internets, des mails et encore des mails échangés, des longs comme le bras qui présentaient et récapitulaient les choses, des tout-courts, de quelques mots, pour juste dire « ok », « on fait comme ça! », « je vous suis! ».

La maman, les frères, les chéries, aux manettes, un petit mensonge gros comme ça, gros comme notre excitation, pour faire venir l’intéressé à la ferme, donc, tel jour, telle heure.

T. et H. avait la délicate mission de mettre au frigo un gâteau bien trop gros pour y rentrer et dont la crème se faisait très dangereusement la malle. J’ai lâché l’affaire quand j’ai vu des framboises couler jusque sur le carrelage, je sentais que mes nerfs allaient faire pareil. Alors je suis allée m’occuper des pompons. Il y avait Z. , perché sur une chaise pas tout à fait stable, il y avait P., à côté qui regardait et moi qui donnait les ordres. Le pompon gris, là au milieu, bien centré, tiens ensuite le jaune, en dessous mais légèrement décalé, non attends, pas comme ça, un peu plus haut. Il y avait le 3 et le 0 en ballons dorés, sauf qu’un grand manque de sérieux lors de la préparation de ma commande a fait que le sachet dans lequel devait se trouver le ballon « 0 » était vide. Un vulgaire ballon de baudruche l’a remplacé, c’était pas très joli mais pensée positive toujours; imagine ça aurait pu être le 3 qui était défectueux et là, aucune solution pour le remplacer n’aurait été envisageable.

Il y avait les cakes salés qui remplissaient la table, déjà garnie de petits vases, piqués de gerbera rouges, oranges, jaunes. La sangria, que nous n’avons même pas terminé et qui n’arrêtait pas d’attirer les guêpes. Un amoureux qui faisait des sauts de cabri à l’approche des bestioles volantes et bourdonnantes. Le taboulé, dans l’énorme saladier en plastique. Et les bouteilles, que nous rangions au frigo, l’une après l’autre. La bouteille de rosé qui n’a pas fait un tour de salle et mon verre de jus de cranberry, transformé en piscine pour guêpes. Le cake tendrement rebaptisé « clafoutis ».

Alors, quand il arrivera, vous vous mettrez tous aux fenêtres et dans l’escalier, vous savez, là où il y a la glycine. Vous crierez et vous taperez tous dans vos mains quand il sortira de la voiture et toi, H., tu pousseras la musique à fond.

 J’ai admiré les chevaux, de loin, j’ai fait attention à où je posais mes pieds, le crottin n’étant pas compatible avec mes nouvelles sandales. J’ai discuté naturopathie, sophrologie, fleurs de Bach et de tout autres belles choses encore avec T. et j’étais tellement heureuse encore de rencontrer une personne avec qui j’étais sur la même longueur d’onde. Elle m’a touché le bras pour illustrer une anecdote qu’elle me racontait et j’ai senti sa belle énergie. On a envisagé des projets qui auraient la forme de weekend de sophrologie/méditation/naturopathie, je crois que de belles choses encore nous attendent dans ce lieu. Nous nous sommes assis sur les marches où quelques heures plus tôt nous accueillions l’invité d’honneur et nous avons parlé livres, séries, voyage en Pologne et projets professionnels. J’ai pris ma petite nièce dans mes bras, si petite, si belle, si ronde, si parfaite – en comparaison des autres bébés de la fête – et j’ai tellement aimé son odeur si particulière de bébé – dans laquelle intervenait apparemment le lait caillé selon sa maman. J’aime donc l’odeur du lait caillé. Nous nous sommes allongés quelques instants dans la voiture, fatigués de trop de tout, et nous avons ri au sujet de nos vacances, durant lesquelles apparemment, la burrata occupera la place principale; belle complicité. Nous avons allumé trente bougies et dégusté le gâteau avant toute autre chose, ce n’est pas comme ça que ça se fait d’habitude et je crois que c’est ça qui est bon.

N.B. : la photo qui illustre ce billet en Une n’a aucun rapport avec le texte, elle traduit ce lundi  tout gris, presque frisquet et carrément automnal que nous avons ce matin. Je me réjouis de ces journées où le ciel est chafouin, en plein milieu de l’été, cette parenthèse carrément moche mais qui n’en rendra que meilleur le retour du soleil.

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